Epoqu’Auto : le soufflet ne retombe pas

Les Ford françaises étaient bien entendu représentées avec au premier plan une magnifique Comète devant une Vendôme

Après l’enthousiasme post-covid de l’édition 2021, on aurait pu croire à un retour à la normale pour Epoqu’Auto Lyon. Ce Salon consacré à l’automobile ancienne a attiré 85 000 visiteurs en 2022 autour d’expositions de grande qualité et d’un nombre impressionnant d’exposants.
Epoqu’Auto, bientôt le premier Salon consacré au véhicule d’époque en France ? L’objectif semble plus que jamais atteignable alors que le record absolu du nombre de visiteurs a été atteint lors de la 43ème édition qui s’est tenue du 4 au 6 novembre avec 85 000 entrées comptabilisées. Il faut rendre hommage au talent du Club des Amateurs d’Automobiles Anciennes ou « club des 3A », l’organisateur sans but lucratif de cet événement. En dépit des 85 000 m² d’exposition, là aussi du jamais vu, les allées étaient noires de monde durant les trois jours.

Un programme gargantuesque

Celui qui avait assez de jambes pour parcourir les 80 000 m² répartis sur cinq halls n’avait cependant pas assez d’une journée entière pour découvrir toutes les voitures exposées et les 800 exposants réunis.

 

La marque la mieux représentée cette année était Ford, qui faisait l’objet de deux plateaux d’exposition : le premier réunissait les principaux modèles de série produits en Europe par les filiales allemandes britanniques et françaises, depuis la première Taunus allemande jusqu’à la Granada en passant par les Vedette françaises et Zéphyr et Zodiac anglaises.

La principale marque à l’honneur était Ford avec une très belle exposition de modèles européens, dont ces Taunus 20M allemandes

 

Le deuxième à l’entrée du Salon était tout entier consacrée à la riche histoire sportive de ce constructeur, connu aussi bien pour sa GT40 victorieuse aux 24 heures du Mans que pour son moteur de Formule 1 V8 conçu avec Cosworth. Celui-ci ouvrait d’ailleurs la longue galerie qui permettait également de redécouvrir la Ford Cortina Lotus, une Formule Ford et les multiples stars de rallye à l’ovale bleu : Anglia, Escort MK1 et MK2, RS2000, Capri… Et si les passionnés n’étaient pas encore assouvis, ils pouvaient admirer quelques utilitaires comme un Transit MK1 de pompier ou un rare camion V3000 allemand.

Lancia, marque à l’honneur

L’autre marque mise à l’honneur à Lyon était Lancia, qui faisait l’objet d’un rassemblement de voitures pour la plupart réunies par le Club Lancia de France, le restant provenant directement du groupe Stellantis ou de musées. On pouvait ainsi retracer l’histoire de ce constructeur singulier, qui s’est longtemps distingué par l’originalité de ses solutions techniques et le soin apporté à ses productions. Le modèle le plus ancien était une Tetha de 1913, représentant le premier vrai succès de la marque. Les grands classiques plus connus étaient bien sûr présents : Lambda, Aurelia, Flavia mais on remarquait également des exemplaires plus étonnants comme ce splendide Astura cabriolet de ou cette très récente Thesis, considérée par certains comme la dernière « vraie » Lancia. La riche carrière en compétition de la marque italienne était également représentée par la lignée qui a brillé en championnat du monde des rallyes : Fulvia HF, Stratos, 037 et bien sûr Delta. Une autre exposition était d’ailleurs consacrée à cette discipline, où l’on remarquait parmi tant d’autres une Peugeot 205 T16, deux fois championne du Monde.

Splendide Lancia Astura cabriolet Pininfarina issue du musée Henri Malartre

Deux versions de la petite Lancia Fulvia : une berline série 2 et un coupé Zagato

 

Des anniversaires célébrés dignement

Renault célébrait à nouveau les 50 ans de la 5 avec notamment cette Maxi Turbo de 1985 pilotée par Didier Auriol.

 

On pouvait retracer tout l’historique de la marque Vespa à Epoqu’Auto

Hormis les plateaux proposés par le Salon lui-même, certains exposants ont mis les petits plats dans les grands, et notamment Renault, qui célébrait pour la dernière fois cette année les 50 ans de la Renault 5 en exposant pas moins de 17 exemplaires de sa citadine fétiche, dont certains n’avaient pas encore été présentés lors des différentes célébrations organisées par la marque.

 

Mais Epoqu’Auto est surtout un salon de clubs, et certains prenaient très au sérieux leur mission comme le Triumph Club de France, qui consacrait la totalité de son stand aux 60 ans de la Spitfire, tandis que le BMC Club Passion fêtait la BMC 1100 1300 sortie la même année.

 

Il n’y en avait d’ailleurs pas que pour les voitures : un magnifique plateau rendait hommage à Moto Guzzi, célèbre marque de moto italienne qui vient de franchir le cap du centenaire. Il était composé en grande partie de rares productions d’avant-guerre rassemblées par le Veteran Car Club de Turin.

 

Les amateurs de petits deux roues ne savaient plus où donner de la tête sur le plateau rassemblé en hommage au Scooter Club de France. Un nombre impressionnant de modèles français, parfois très rares, se laissaient admirer, tandis qu’un stand adjacent regorgeait de Vespa de toutes époques.

 

Tout pour la collection

Epoqu’Auto 2022, c’était aussi le moyen de vivre pleinement sa passion de la collection : se renseigner sur ses aspects légaux sur le stand de la FFVE, trouver la pièce idoine chez l’un des innombrables marchands, enrichir sa collection de miniatures ou de livres spécialisés ou même faire dédicacer la dernière bande dessinée de Thierry Dubois par son auteur, bien présent au Salon.

On pouvait y acheter une automobile de particulier à particulier grâce à un espace dédié tandis qu’une vente aux enchères organisée par la maison Osenat a dispersé une soixantaine de voitures et 49 motos. On trouvait même des artisans réalisant des vêtements sur mesure à la mode 1910 ou 1940 ou encore un marchand ne commercialisant que des manuels d’ateliers.

Epoqu’Auto fut une nouvelle fois un véritable paradis pour collectionneur et ses organisateurs annoncent déjà la prochaine édition, programmée du 10 au 12 novembre 2023.

Un très beau rassemblement de voitures de prestige de marque françaises disparues était proposé par l’Association des Clubs des Marques avec notamment cette splendide Facel Vega HK2

 

A Epoqu’Auto, les utilitaires comme ce Peugeot J9 aux couleurs de Vélosolex ont toute leur place

Une Hotchkiss Hossegor 1935 exposée sur le même plateau proposé par l’Association des Clubs des Marques

 

La fondation Berliet avait notamment exposé ce Gazelle, star du film 100 000 Dollars au Soleil

 

Date publication