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La vidange d’huile moteur fait partie des opérations les plus courantes mais aussi les plus cruciales de l’entretien automobile. Devant les imposants rayons d’huile proposés dans les magasins spécialisés, le choix n’est pourtant pas facile.

Même les moins connaisseurs de la chose automobile la connaissent. La vidange du moteur est sans doute l’opération d’entretien la plus connue, mais aussi la plus facile et la moins coûteuse sur la plupart des modèles. Elle est aussi la plus cruciale : en lubrifiant les pièces en mouvement, l’huile permet en effet d’éviter une usure accélérée des pièces qui conduirait sans elle à la casse du moteur en quelques instants. Ce fluide vital nécessite d’être changé régulièrement car avec le fonctionnement, il se charge en impuretés, subit de fortes variations thermiques et perd en efficacité. Les lubrifiants moteur sont cependant loin d’être universels : leur viscosité et leurs propriétés varient et il est crucial de choisir le bidon adapté à son véhicule.

Fluidité pour les modernes…

Pour une auto moderne c’est-à-dire produite depuis le début du XXIème siècle, il convient évidemment de se reporter au manuel d’entretien, qui indique généralement dans les dernières pages les préconisations du constructeur. Les modèles actuels requièrent de l’huile dite 100 % synthèse, plus élaborée dans sa fabrication que les huiles dites minérales. Ce sont pour eux que sont conçues les plus fluides, une caractéristique définie par l’indice SAE de viscosité indiqué sur les bidons, les fameux deux chiffres séparés du W. Les modèles les plus récents utilisent même des huiles 0W20 ou 0W30, le premier chiffre définissant la viscosité de l’huile moteur froid et le deuxième à chaud. Certaines sont formulées pour limiter au maximum la friction afin d’économiser du carburant, mais elles ne sont recommandables là encore que sur des moteurs adaptés : elles peuvent endommager les autres. Attention, les blocs essence et diesel n’ont pas les mêmes besoins, c’est pourquoi la nature du carburant est indiquée sur les bidons d’huile. Toutes répondent à des normes bien précises établies par plusieurs standards internationaux : API, ACEA et SAE qui définissent leur qualité et leurs performances, qui doivent beaucoup aux additifs ajoutés par les producteurs. Les moteurs récents fortement dépollués font appel aux grades les plus élevés. En Europe il s’agit, selon l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) des A4/A5 pour essence ou B4/B5 pour diesel. Attention, même si les organismes définissent des degrés plus ou moins élevés de qualité qui peuvent inciter à choisir le meilleur, il n’est pas du tout recommandé d’utiliser une huile à grade élevé dans un moteur plus ancien.

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Les huiles les plus évoluées à forte teneur en additifs ne conviennent qu’à des moteurs modernes comme ceux de cette Volkswagen Golf VI
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Les diesel comme le dCi 160 monté notamment sur Renault Mégane nécessitent une huile spécifique, particulièrement lorsqu’ils sont équipés d’un filtre à particules

…et plus visqueuse pour les anciennes

La métallurgie a progressé constamment tout au long de l’histoire de l’automobile et les tolérances et ajustages entre les pièces en mouvements se sont constamment affinées. C’est pourquoi les modèles les plus anciens d’avant-guerre requièrent des huiles minérales plus visqueuses et le plus souvent monograde, c’est-à-dire affichant un seul niveau de viscosité. Ces huiles moins performantes doivent être vidangées très régulièrement, non seulement parce qu’elles se chargent plus vite en impuretés mais aussi parce qu’elles correspondent à certaines températures d’utilisation, été ou hiver. Là encore le manuel d’utilisation est crucial pour déterminer le bon fluide, même si les normes ont changé depuis les années 20 ou 30 : il est recommandé de consulter les tableaux d’équivalence proposés par les fabricants d’huile. Il convient d’éviter en tous les cas les huiles avec additifs pour moteurs plus récents car ces derniers attaquent les matériaux utilisés sur les anciennes : liège, bronze… Après-guerre commencent à apparaître les huiles multigrades un peu plus fluides : de la SAE 40 souvent utilisée avant-guerre on passe à de la 20W50 puis dans les années 60 et 70 à la 15W40, toujours minérale ou semi-synthèse. C’est à partir des années 80 qu’une majorité de moteur peut assimiler de la 100% synthèse, le plus souvent en 10W40. Il s’agit là bien entendu de généralités, les cas particuliers étant nombreux. Sur des moteurs usés ou par temps froid, un grade un cran plus élevé de viscosité par rapport aux indications du constructeur peut cependant être recommandé. Concernant les youngtimers, attention à ne pas céder à la tentation d’utiliser certaine huiles haut de gamme fortement additivées dans des moteurs qui ont parcouru de nombreux kilomètres avec une huile classique : leur fort pouvoir détergent peut dans certains cas provoquer l’obstruction du circuit d’huile.

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Les bicylindres Citroën à refroidissement par air utilisent également l’huile pour refroidir leur moteur
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Même constat pour la 911 à refroidissement par air, pour qui Porsche propose de la 20W50 sur les premiers modèles puis de la 10W60 à partir de la 2.7 Type G
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Les Youngtimers comme cette Citroën BX sont nombreuses à recourir à de l’huile 10W40, très courante et accessible
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Les modèles les plus anciens comme cette Citroën C4 utilisent de l’huile monograde à renouveler très souvent

Les huiles les plus chères sont-elles les meilleures ?

Le choix proposé à l’acheteur est si grand qu’il peut s’avérer cornélien. Sur Internet, des sujets interminables de forum débattent de la qualité de telle ou telle huile, plus ou moins adaptée à telle ou telle utilisation, sportive ou non. Un débat sans doute impossible à trancher sauf à mener des études sur des milliers de kilomètres. En revanche, il convient d’insister sur la nécessité de respecter les intervalles de vidange, qui se mesurent en kilomètres parcourus mais aussi en durée. Une recommandation particulièrement importante pour les modernes car les constructeurs, soucieux de réduire les coûts d’entretien de leurs véhicules pour séduire les clients professionnels, se montrent parfois trop optimistes à leur sujet. C’est tout aussi crucial pour les anciennes pour lesquelles l’huile joue parfois un rôle important de refroidissement du moteur. C’est particulièrement vrai pour les blocs à refroidissement par air comme les Volkswagen Coccinelle, Citroën 2 CV ou même Porsche 911 anciennes. Bref plutôt que d’hésiter des heures entre telle ou telle marque d’huile respectant les mêmes normes, assurez-vous d’abord de respecter à la lettre les intervalles : votre moteur vous remerciera par de nombreux kilomètres supplémentaires parcourus sans souci !

 

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Écrit par Rétro+ Publié le

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