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Elle n’était ni la plus moderne, ni la moins coûteuse de son genre.

Mais grâce à sa ligne charmeuse et sa polyvalence, elle a inventé un nouveau genre d’automobile, qui subsiste encore aujourd’hui.

Un demi-siècle plus tard, la Renault 5 s’affirme comme une voiture de collection au même titre que les 4 CV et R4 avant elle.

Les anniversaires se suivent chez Renault : après les soixante ans de la Renault 4 en 2021, le Losange fête le cinquantenaire de la 5. Et ces deux là ne se suivent pas seulement dans la série numérique.

 

Elles témoignent à onze ans d’intervalle des changements de la société française. Alors que la première est née à une époque où il s’agissait encore de motoriser le pays, la deuxième apparaît à l’apogée des Trente Glorieuses : moins utilitaire, plus séduisante, elle s’affirme comme la deuxième voiture du foyer idéale et s’adresse tout particulièrement aux femmes. Plus petite que la R4, elle se veut aussi plus performante et mieux adaptée à un nouveau type de population de banlieue qui utilise beaucoup sa voiture.

 

Elle réussit aussi le miracle de ne pas être typée socialement, contrairement à son aïeule : elle est une citadine chic tout autant que l’unique voiture à tout faire de familles modestes. Née trois portes, en vertu d’un accord de non concurrence signé avec Peugeot, elle s’offre un hayon encore rare. Né d’une idée du styliste Michel Boué, son plus bel atout est son style, dynamique, cohérent et novateur pour l’époque. Elle étonne alors avec ses grandes portes sans poignées, ses feux surélevés et ses imposants boucliers intégrés dans son dessin : une première promise à un bel avenir !  Elle est lancée dans des teintes acidulées typiques de son époque : les collectionneurs s’arrachent les tout premiers modèle orange avec skaï assorti tout comme ceux dotés de la rare option toit souple découvrable.

 

Certes équipée de la traction avant, « Supercar » est pourtant moins moderne techniquement que la Peugeot 104 née un an avant elle ou encore que la Fiat 127. Elle conserve en effet son moteur « en long » ce qui lui impose un capot plus conséquent que ses rivales et un moteur qui vient mordre dans l’habitacle. Elle garde également de la R4 son trombone à coulisse servant à passer les vitesses au tableau de bord et aussi son moteur Ventoux légèrement « poussé » pour les modèles d’accès à la gamme.

Né sous une bonne étoile, la Renault 5 bénéficie d’une campagne de lancement qui fait mouche : surnommée « Supercar » par les publicitaires, elle est humanisée grâce au dessin qui la griment en personne grâce à sa face avant transformée en visage. Il s’agit de montrer que l’auto sait tout faire : affronter la route comme l’autoroute, la ville comme la campagne. La Renault 5 est un succès immédiat en devenant la voiture la plus vendue du marché français en 1974. Elle suscite l’adhésion sur d’autres marchés européens comme l’Espagne. En 1977 elle est même la voiture la plus vendue d’Europe !

 

Toujours plus sportive

 

Née en version L et TL de respectivement 33,5 ch et 44 ch DIN, la Renault 5 ne fait pas parler la poudre à son lancement : les petites bombes ne sont pas encore à la mode même si l’Autobianchi Abarth et la Peugeot 104 ZS ont commencé à défricher le terrain. A partir de 1974, Supercar commence à hausser le ton avec la LS qui hérite du moteur de la Renault 12 TS de 64 ch… et d’un levier de vitesse au plancher en série. Un an plus tard, elle cède la place à la TS mieux équipée, mais c’est en 1976 que les choses sérieuses commencent, avec le lancement de la 5 Alpine, revue et corrigé par le constructeur de la Berlinette, qui a été racheté par la Régie Renault.

 

Son moteur de 93 ch, sont châssis rabaissé et ses logos Alpine font mouche même si la voiture, produite au compte-goutte, ne rivalise pas avec le succès d’une certaine Volkswagen Golf GTI. En revanche, elle brille en compétition en emportant en 1978 le Rallye Monte-Carlo grâce à un certain Jean Ragnotti.

Un grand millésime pour l’auto puisqu’au Salon de Paris, Renault présente une étude qui décoiffe : elle représente une Renault 5 aux ailes arrière boursoufflées, dont le moteur est passé de l’avant à l’arrière et s’est vu greffé d’un Turbo. C’est la fameuse Renault 5 Turbo 1 dont le dessin extérieur et intérieur doit beaucoup à Marc Deschamps et aux Italiens de chez Bertone. Modèle d’exception produit au compte-goutte, cette supercar au sens propre du terme de 160 ch est surtout conçue pour homologuer une version de compétition capable de courir les plus grands rallyes nationaux et internationaux. Jusqu’en 1985, elle ne s’en prive pas, accumulant un palmarès impressionnant face aux nouvelles quatre roues motrices.

 

Un succès durable

 

Même si l’aura de la Renault 5 est troublée à la fin des années 70 par ses problèmes de corrosion endémique, elle connaît une fin de carrière plutôt riche, avec l’apparition en 1979 de sa version cinq portes, qui relance avec succès sa carrière : 10 ans après son lancement en 1982, la citadine caracole encore en tête des ventes françaises.

Elle termine sa carrière en 1984 avec une série spéciale Lauréate qui survit quelques mois au lancement de sa remplaçante, la Super 5, qui s’inscrit dans la voie de sa devancière sans jamais l’égaler. Avec plus de 5,5 millions d’exemplaires produits, elle est l’un des plus grands succès de l’histoire de Renault et a désormais gagné ses galons de voiture de collection.

 

Son demi-siècle est d’ailleurs l’anniversaire automobile le plus célébré de l’année 2022 en France avec des événements organisés à Rétromobile mais aussi au Salon de Lyon en avril, aux Remparts d’Angoulême du 16 au 18 septembre ou encore à Epoqu’Auto du 4 au 6 novembre : impossible d’échapper à Supercar !

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Écrit par Rétro+ Publié le

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